"On est tous le boomer de quelqu'un d'autre"

Pourquoi les générations d'avant et d'après ne se comprennent pas ? Quel est le problème ? 🧐


Avant de commencer, il est bon de préciser qu'il ne s'agît ni d'une étude approfondie, ni d'un cahier d'analyse, mais plutôt d'une réflexion ouverte sur le choc des générations que nous vivons.


C'est quoi un "boomer" ?


Pour contextualiser le terme «boomer» : il désigne à la base une tranche d’âge de personnes nées pendant le «baby boom» des années 50, il définie depuis quelques années de manière péjorative une personne qui ne vit plus avec son temps et qui réagit négativement aux actions de personnes plus jeunes, sans tenter de les comprendre. «on ne peut plus rien dire», «moi à votre âge je ne me plaignais pas», «si vous aviez vécu la guerre…» sont autant de phrases qu’on leur attribue et auxquelles la réponse la plus connue est «Ok boomer», signifiant que le débat est de toute façon impossible avec nos ainés.


Exemple parfait du boomer ci-dessous :

Outre le fait que celui qui a publié ce post sait déjà ce qu'il va se produire, on y voit clairement qu'il utilise des clichés pour définir la nouvelle génération. En réponse, la nouvelle génération n'a pas hésité à l'afficher publiquement notamment sur twitter.



le genre de réponses sous le tweet

Une notion de conflit générationnel qui mérite qu'on s'y attarde, non pas pour se moquer du-dit "boomer", mais pour tenter de comprendre pourquoi les anciennes et nouvelles générations se font autant la guerre ?



Si on regarde un peu en arrière, cette notion de conflit générationnel a toujours existé

Un exemple clé :

Dans les années 60, on considérait le rock comme une musique de «loubard», à tel point qu’en Angleterre on l’a prohibé à la radio (cf. l’excellent Good morning England sur cette période). On a moqué les jeunes de l’époque qui écoutaient ces musiques, on les a considérés comme des moins que rien. Aujourd’hui Gun & Roses, The Doors ou même Johnny Hallyday sonnent comme des classiques incontournables, et beaucoup de leurs fans ont reproduit le schéma avec, pour n’en citer qu’un, le RAP en le sous-considérant et en n’essayant pas d’aller plus loin que «c’est une musique de délinquants». quid dans 30 ans ? est-ce que Booba & PNL seront des «classiques» pour nous, futurs sexagénaires, et est-ce qu’on mettra au pilori une nouvelle génération parce qu’elle écoute le tout nouveau genre de musique qu’on n’arrive pas à appréhender ? va-t-on enfin arrêter de faire vivre ce que nous-même nous avons subi ?


Autre exemple avec l'école, plus particulièrement le collège : en 6ème vous vous faisiez moqués par les 3èmes, cela vous a sûrement touché, mais en arrivant en 3ème vous avez reproduit le même schéma avec vos cadets. Cette reproduction ultérieure de ce qu'on a subi n'est pas nouvelle et est très connue dans la psychologie. le conflit générationnel n'y échappe pas.


Alors, la génération Z fait-elle tout de travers ?


Aujourd’hui beaucoup considèrent la génération Z (12-24 ans) comme ultra narcissique, ne comprenant pas comment les jeunes d’aujourd’hui préfèrent devenir influenceurs plutôt qu’astronautes. Moi-même arrivant doucement mais surement sur mes 30 ans, j’ai du mal à comprendre pourquoi des adolescents de 15 ans font des chorégraphies sur TikTok, si je remonte dans mon enfance, mes parents n’arrivaient pas à comprendre comment je pouvais passer des heures à discuter sur MSN (wizzzzz), et les parents de mes parents avaient certainement beaucoup à leur reprocher aussi… pourtant on a tous reproduit le même schéma.


C’est simple, la génération d’après fait toujours tout de travers pour ses ainés. et en retour les ainés sont toujours des vieux qui ne comprennent rien pour leurs cadets. C’est à nous, millenials, de ne pas reproduire ce schéma avec les générations Z et Alpha (8 - 24 ans), qui parfois peuvent avoir des comportements qu’on n’arrive pas à comprendre.


Le social media est un exemple probant du conflit inter-générationnel que nous sommes en train de vivre : nos parents nous ont toujours dit de faire attention avec Facebook, «tu ne sais pas à qui tu t’adresses, c’est dangereux de raconter ta vie dessus…» aujourd’hui ce sont eux qui sont sur ce réseau et qui nous partagent toutes les fakenews trouvées sur le groupe WhatApps de la famille.


Comment peut-on faire en sorte d’unir les générations plutôt que de les diviser ?


Dans un premier temps en essayant de comprendre sans juger. Un adolescent veut devenir Influenceur et pas astronaute ? peut-être parce qu’il est exposé quotidiennement à ce métier, là où nos ainés ont étés bercés par la conquête spatiale. peut-être que ce métier semble plus accessible qu’un métier qui nécessite d’être un génie intellectuel et physique, avec 15 postes à pourvoir pour des milliers de candidats. Peut-être aussi que cet adolescent cherche avant tout une reconnaissance de ses pairs avant de vouloir visiter Mars. peut-être que c’est simplement une question de priorité ?



«On est tous le boomer de quelqu’un d’autre» nous rappelle à quel point nous ne sommes pas le centre du monde et que, quoi qu’il arrive, le monde vivra à un moment ou à un autre sans nous.

Pour conclure sur cette réflexion, n’essayons plus de se demander ce qu’on aurait fait à la place de nos cadets, mais plutôt adaptons nous le mieux possible à ce qui deviendra leur monde tôt ou tard, et surtout arrêtons de les juger alors que nous-mêmes avons parfois mal vécu cette situation en étant plus jeunes. Et peut-être que dans 20 ans nous ne serons pas considérés comme des «vieux aigris», si ce n’est pas déjà le cas :)


Pierre, Directeur Associé du HUB : ROULETTES & Brand Strategist